Alcea rosa
Publié le 18 Mai 2011
Elle est devenue tellement représentative de la région qu'on en oublierait presque (voire tout à fait) qu'elle vient de loin. D'outremer, même. Qu'elle est arrivée de Turquie, ou par là, dans les sacoches des Croisés, vers le XIIème siècle.
Des « roses d'Outremer », tout le monde ici en a dans son jardin. Elles font à ce point partie du paysage qu'on ne les voit même plus.
Et qu'on ne se douterait pas qu'il y a, au Japon, un festival de la rose trémière. L'葵祭り (aoi matsuri) de Kyoto, qui a lieu le 15 mai.
L'葵祭り fut créé au VIème siècle par l'empereur Kinmei, après qu'une succession de tempêtes ait détruit les récoltes de l'automne, dans le but d'apaiser les divinités des temples de Kamigamo et Shimogamo — qui n'avaient rien trouvé de mieux que de déchaîner les éléments pour exprimer leur courroux devant le manque de respect des habitants de Kyoto.
Aujourd'hui encore, l'葵祭り (officiellement « festival impérial » depuis 807, sur ordre de l'empereur Kanmu) est l'un des festivals les plus importants de Kyoto. Démonstrations de danse, de courses de chevaux, de tir à l'arc... Quant aux roses trémières, on retrouve leurs feuilles en décoration, dans les temples, sur les costumes des participants. Ces feuilles que l'on crut longtemps porteuses de pouvoirs magiques : elles étaient censées protéger de la foudre et des tremblements de terre, et faciliter l'accouchement.