Ce n'est qu'un au revoir...
Publié le 31 Juillet 2010
Bon. Hier, c’était la dernière soirée du Violon, et je ne sais pas par où commencer. Déjà, je vous le dis tout net, j’ai à peu près raté la première heure, qui s’est un peu apparentée pour moi à un délicieux concerto pour pots d’échappements et cris de gamins, sur fond de bruits d’assiettes. Du violon de Saténik Khourdoïan, donc, je n’ai pas entendu grand-chose. Du « Strike up the Band » de Gershwin (avec des bouts de plein d’autres morceaux dont le jazz a fait des standards) non plus. Mais sur le coup de 23 heures, j’avais retrouvé ma petite place sur le sable, la même que mercredi ou presque, tout à fait sur la droite, plus près des artificiers que des musiciens (le vent soufflait dans le bon sens, hein).
Alors…
On a eu une soprano, Anne-Catherine Gillet. J’ai déjà dit ce que je pensais de l’opéra avant-hier… pour résumer, je l’ai préférée sur le final du premier acte de « La Traviata » de Verdi que dans l’air de Micaëla du « Carmen » de Bizet. Je dis que rien ne m’épouvan-an-ante ♪♫
On a aussi eu du Saint-Saëns. Le premier morceau, je l’ai raté. Mais pas le second ! Le second, c’était le troisième mouvement du Concerto pour piano n°2, un truc plein de bruit, de fureur et de trilles, et la pianiste, c’était Maria Masycheva. Pas raté non plus la présentation de Jérôme Pillement, son évocation des premières que Saint-Saëns aimait à donner dans les arènes de Béziers avec un orchestre forcément surdimensionné (fallait se faire entendre !) qui comptait quelque chose comme 17 harpes, 40 premiers violons… et le reste était à l’avenant. Les répétitions pour ces premières étaient assurées, annonçaient les affiches, par l’assistant de Monsieur Saint-Saëns, un certain Gabriel Fauré, qui « descendait de Paris en chemin de fer ». Ah, le progrès…
J’ai été moins convaincue par « Le Jour se Lève », extrait du ballet « Daphnis et Chloé » de Ravel… mais aussi, la sono était bizarre par moments, hier soir. C’est peut-être pour ça.
Y’a aussi eu un croisement sympathique entre deux bandes originales de Zorro, l’inévitable « I Want to Spend my Lifetime Loving You » et le vieux « Zorro, Zorro, renard rusé qui fait sa loi-oi-oi-oi ». A la sauce symphonique, et c’était pas mal du tout. D’ailleurs, Zorro était sur scène hier soir, camouflé en alto, il avait laissé la cape, l’épée et le Tornado à la maison, mais je l’ai reconnu à son loup. On me la fait pas, à moi.
Et puis, y’a eu Lévon Minassian, Arménien de Marseille et spécialiste du doudouk. Alors, le doudouk, c’est quoi ? C’est l’instrument traditionnel arménien, une sorte de hautbois (dont il possède l’anche double) en bois d’abricotier. Et ça ressemble à quoi ? Ben, c’est tout doux (et que le doudouk soit doux, ça a beaucoup plu à M’sieur Pillement). C’est… comment dire… ouaté, moelleux, chaud… oh, et puis vous n’avez qu’à écouter, ça sera plus simple.
Et là, là… ça m’embête de devoir renier les convictions de toute une vie, d’être contrainte de me livrer à une sorte de mea culpa cybernétique (heureusement que personne ne me lit)… on va tout faire retomber sur le dos du Zozzothécaire de toute façon… ben Jake Shimabukuro, c’était pas mal. C’était même mieux que pas mal, c’était franchement très bien. Un ukulele (enfin, pas n’importe lequel) avec un orchestre symphonique (pas n’importe lequel non plus), ça donne. Surtout sur « While my Guitar Gently Weeps » de George Harrison. C’était un peu comme ça, mais avec les 85 membres de l’Orchestre du Violon (qui viennent pour la plupart de l’Orchestre de l’Opéra de Paris, au fait) derrière.
La vidéo existe, mais... comment dire ? La faute à la prise de son, ou soliste et orchestre n'étaient VRAIMENT pas ensemble ? Autant ce genre de truc peut « passer » quand on est sur place, couché dans le sable, pas les pieds dans l'eau mais presque, autant ça fait mal aux oreilles devant un écran. Maintenant, si vous voulez voir (et entendre) par vous-mêmes, la vidéo est ICI. Mais ne venez pas vous plaindre.
L'ami Jake s'est quand-même taillé un beau succès.
Et nous étions déjà samedi quand le ciel s’est embrasé sur l’ouverture de « Tannhauser » de Wagner… un déluge d’or et de feu qui a laissé derrière lui un rideau de fumée qui valait largement les plus beaux brouillards londoniens… ne restait plus qu’à rentrer se mettre au chaud (c’est qu’il faisait frisquet, hier soir, sur la plage), et à attendre l'année prochaine !