La Villa Lacaze
Publié le 15 Août 2011
Aujourd'hui, j'ai pris une grande décision. Au diable la chronologie. Ras le bol des articles qui suivent à la trace mes trajets matinaux. Déjà, l'avenue de Pontaillac, il faudra que j'y retourne en journée, histoire que Sans Souci, Jolivette ou La Sapinière soient au soleil.
Transportons-nous donc de quelques centaines de mètres vers le nord-ouest, pour nous intéresser à un monstre de pierre et d'ardoises, connue aujourd'hui sous le nom de Résidence du Golf.
Encore une grande villa qui a du mal à rentrer dans l'appareil... et qui ne ressemble plus vraiment à ce qu'elle était à l'origine. C'est qu'elle en a subi, des transformations !
A sa naissance, en 1856, la Villa Lacaze se compose d'un seul corps de bâtiment à trois niveaux, flanqué de quatre tourelles d'angle coiffées d'un toit pointu. Une poignée de décennies plus tard, la villa de Jean Lacaze devient Hôtel de l'Europe. Corps de logis et tourelles gagnent un étage, et les chapeaux pointus sont remplacés par des toits plats.
En 1925, nouveau changement d'identité, et nouveaux travaux. L'Hôtel du Golf gagne un grand hall à deux niveaux (soubassement et rez-de-chaussée) couronné de balustres, dû à l'entreprise Senusson Frères. Ainsi qu'une aile supplémentaire, tant qu'on y est. Avec une tourelle, pour rester dans le ton.
Quelque part en cours de route, les toits plats gagnent une toiture à bulbe. La Villa Lacaze, qui était somme toute d'une belle sobriété malgré ses airs de castel, est devenue un vrai palace...
Un palace un peu raté... il suffit de regarder d'un peu plus près les fenêtres du dernier étage, qui ne respectent pas les proportions de celles des niveaux d'origine...
Mais un palace quand-même. Qui cadre très bien avec le côté mondain qu'avait le quartier de Pontaillac pendant l'entre-deux-guerres, et qui perpétue le souvenir de Jean Lacaze, promoteur futé qui comprit le premier le potentiel de ce petit bout de côte, où l'on ne trouvait que dunes et forêts, entourées de marais...
Et franchement... la semaine dans un appartement de 5 pièces, dont 4 chambres, pour 3.500 € et des poussières, c'est donné, non ?
[ADDENDUM] Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le Golf-Hotel connut le douteux honneur d'être choisi pour servir de siège à l'État Major de la Marine allemande. C'est au Golf-Hotel que le contre-amiral Hans Michahelles, commandant de la forteresse de Royan (une fois sa flotte de démineurs coulée, en août 1944, il avait bien fallu lui trouver un autre poste !) fit hisser le drapeau blanc, le 17 avril 1945 vers midi. Avec sans doute plus de soulagement que de rage, comme une bonne partie de l'armée allemande, si j'en crois le témoignage d'August Hampel (J'occupais Royan 1943-1945, Éditions du Croît Vif).