Une page d'histoire
Publié le 29 Septembre 2011
Ouf, ça y est. L'escalier de la conche aux Roseaux est derrière nous, et nous nous dirigeons vers le phare de Vallières.
Et, au détour du sentier, une dalle commémorative.
L'opération Frankton du 7 décembre 1942 a été décrite par un officier allemand comme étant « le plus remarquable raid de commando de la guerre ». Et effectivement, il fallait oser. Il fallait oser amener dix hommes de la Royal Marine et cinq canots en sous-marin au large de Soulac, d'où ils remonteraient l'estuaire pour placer des explosifs aimantés sur les navires allemands qui se trouvaient dans le port de Bordeaux — navires qui forçaient le blocus pour apporter des armes jusqu'au Japon, d'où ils revenaient chargés de caoutchouc.
Cinq jours plus tard, au petit matin, les charges explosent. Quatre cargos, un dragueur de mines et un pétrolier sont gravement endommagés. Il semblerait que les pompiers français du port de Bordeaux aggravent les dommages en inondant délibérément les bâtiments atteints de leurs lances afin de les faire couler.
Et les dix hommes ayant participé à la mission ? Seuls deux en reviennent vivants, les deux occupants du Kayak Catfish. Et ceux du Kayak Cachalot, qui ne sont pas allés plus loin que la mise à l'eau. Embarcation endommagée, retour en Angleterre. Les autres se sont faits prendre, avant (Coalfish) ou après (Crayfish et Cuttlefish) l'accomplissement de la mission. Torturés. Fusillés. Quant au Kayak Conger, il a chaviré, dès les premières heures de la mission, piégé par la barre au large de Soulac. Le kayak et un seul corps seront retrouvés dix jours plus tard, sur l'Île de Ré.
Fin de la parenthèse historique. D'ailleurs, nous sommes arrivés tout près du phare, mine de rien.
Une base en granit, le reste en pierre de taille, une coupole de cuivre avec girouette et paratonnerre : l'édifice, érigé entre 1898 et 1902, culmine à 36 mètres.
Endommagé lors des combats de 1945, il sera reconstruit, et partiellement électrifié deux ans plus tard. Et désaffecté en 1969. Maintenant, il est ouvert à la visite. Un de ces jours, il faudra que je m'attaque à ses 144 marches pour aller voir comment c'est, là-haut.
Au pied du phare, assez logiquement, on trouve le port. Auquel on accède par un petit escalier plein de charme.
Comment ça, non ?
Et dans le port, assez logiquement aussi, on trouve des bateaux. D'ailleurs, c'est un port réduit à sa plus simple expression. Une ou deux digues, un ponton, et, entre la jetée et le rivage, quelques corps morts pour l'amarrage.
Et après ? Eh bien après, j'ai fait le tour. Parce que cette anse, quand elle est accessible, elle est un peu vaseuse. Et la vase, franchement... j'en ai assez vu la dernière fois !