La conche de Gilet
Publié le 31 Août 2011
« C'est quoi, une conche ? » qu'on m'a demandé il n'y a pas longtemps.
Pourtant, je croyais que c'était français, ce mot. Comme « cince ». Eh bien, on dirait que non, et qu'il n'y a à peu près qu'ici qu'on a la drôle d'idée de parler de conche là où d'autres parlent d'anse, de crique ou de plage. Une conche, c'est donc une plage, qu'elle soit d'une taille respectable (cf. la Grande Conche et ses 2,5 kilomètres) ou étroite et encaissée entre deux plateaux rocheux, comme la conche de Gilet.
Quand on l'approche en venant du sud, de Pontaillac, donc, on est accueilli par... deux carrelets tout blancs, qui se détachent joliment sur le mur de soutènement de la façade nord.
C'est bizarre, l'effet que le carrelet peut avoir sur tout être humain muni d'un appareil photographique. Impossible d'en croiser un sans être saisi de l'envie irrépressible d'appuyer sur le déclencheur. En essayant quand-même de trouver un angle de vue un peu original, parce que quand on a vu un carrelet... on les a tous vus.
La conche de Gilet, le matin, elle est encore à l'ombre de la falaise. Mais on y a cette délicieuse impression d'être seul au monde...
A gauche, de la roche, que l'érosion a creusé de dizaines de cavités.
Au centre, un sable fortement mêlé de p'tits cailloux et de fragments de coquillages polis par les vagues (et pas que : ce truc vert n'est ni un caillou, ni un coquillage).
Les vagues jouent contre la roche...
Pas un son, ou presque. Je resterais bien un peu, au moins jusqu'à l'arrivée des premiers adeptes de ce petit coin de côte, mais d'autres conches m'attendent. Il faut remonter les escaliers... tiens, j'avais oublié qu'il y avait un pommier !
... jeter un dernier coup d'oeil, par-dessus le parapet, aux rochers de la façade nord (mieux éclairés, mais moins spectaculaires que ceux de la façade sud)...
... et céder une dernière fois à l'appel lancinant du carrelet : « Une photo ! Une photo ! »
Voire même deux