Le conte du Petit Poucet
Publié le 21 Juillet 2011
Il était une fois, sur les falaises de la Grande Côte, un bar-restaurant avec une vaste terrasse qui offrait un point de vue magnifique sur l'océan. Le phare de Cordouan d'un côté, celui de la Coubre de l'autre... soulignés respectivement du trait doré de l'Île Mystérieuse et de la double ligne vert et or que formaient Bonne Anse et la forêt de la Coubre...
En apparence, un bar-restaurant comme il en existe tant. Avec, peut-être, une certaine recherche architecturale. C'était un bar-restaurant tout rond, ou presque.
Mais il avait bien plus que des courbes harmonieuses. Il avait aussi un curieux toit en forme de parapluie inversé, avec écoulement central des eaux de pluie. Il avait aussi des segments de mur en moellons des Charentes...
Des piliers, des hublots, des claustras...
Bref, ce petit bar-restaurant tout rond était un concentré d'architecture estampillée « Royan, années 50 ».
Pourquoi tant de recherche pour un petit bar-restaurant, perdu sur le bord d'une falaise ? Parce que dans une vie antérieure, « Le Petit Poucet » fut un casino. Le Casino de la Grande Côte, construit entre 1950 et 1953 sur les plans de Louis Simon — qui, de tous les architectes qui participèrent à la reconstruction de Royan, fut l'un des plus singuliers. Illustrations et détails viennent de l'excellent bouquin « L'invention d'une ville - Royan années 50 » paru aux Éditions du Patrimoine.
Mais le Casino de la Grande Côte avait une autre singularité. C'est l'une des très rares réalisations personnelles de l'ingénieur Jean Prouvé à Royan et dans ses environs immédiats. Hélas, les panneaux préfabriqués en aluminum laqué rouge, tout droit sortis des ateliers Prouvé de Maxéville, ont disparu...
L'écoulement central des eaux de pluie aussi, si j'en crois Google Maps.
Bref, le conte du Petit Poucet ne se termine pas très bien...
(Pour aller plus loin : quelques notes et croquis, page 78 de
cet ouvrage)