Le Fort de Suzac (I)
Publié le 20 Mars 2012
Bon, c'est un peu de ma faute. Le 7 mars, au matin, il ne faisait pas vraiment beau. Mais j'avais une furieuse envie de partir en balade et, tant qu'à faire, dans un coin où je n'était pas encore allée. Donc... direction la pointe de Suzac, mais par le haut cette fois, pas par la plage. Et puis, quand je vais vers Suzac, les circonstances adverses, je connais.
Ce matin-là, donc...
D'accord, on aurait pu rêver mieux. Pas grave.
La pointe de Suzac, c'est quoi ? Grosso modo, un rectangle de 200 mètres sur 250, accessible par un petit sentier qui longe la falaise, depuis le bout de la plage de Saint-Georges (petit sentier qui se poursuit d'ailleurs vers le sud, jusqu'à la plage de l'Arnèche... petit sentier bien attrayant ma foi, où j'irai traîner mes tongues un de ces quatre).
Un coup d'oeil à la falaise, depuis le sentier...
Oui, il y avait un rayon de soleil, en cet instant précis.
Bien. Sur les cinq hectares que couvre la pointe de Suzac, qu'est-ce qu'on trouve ? De l'herbe, déjà. Et puis des arbres. Pas beaucoup, mais il y en a.
Une jolie vue, vers le sud (au premier plan, la plage de Suzac, au second, celle des Vergnes — la petite plage de l'Arnèche, entre les deux, est masquée par la pointe). Y'a pas, rien que pour cette photo-là, je suis contente de m'être gelée les doigts (et pas que).
Mais la pointe de Suzac, c'est aussi un lieu hautement stratégique. Ou ce fut, du moins. Du temps de Napoléon déjà : il fallait bien barrer par tous les moyens la route de Bordeaux aux Angloys !
A partir de 1846 (on ne sait jamais...), de petits bâtiments fleurissent sur la côte atlantique. Il y en aura un à Suzac. Un « corps de garde modèle II », censé abriter le chef de poste et le gardien, ainsi qu'une trentaine d'hommes. Il y aura aussi une cuisine, et des magasins pour les vivres et les armes.
Le bâtiment ne sera achevé qu'en 1864, et... jamais armé, car non adapté à l'artillerie utilisée depuis 1860. Comme quoi, le gaspillage des deniers publics ne date pas d'hier.
En 1876, le corps de garde est recouvert de terre, à l'exception d'une façade.
Et les années passent... et 1942 arrive. Et là, c'est le béton qui fleurit.
La batterie de Suzac, autrement dit la position Gi 30, nom de code Köln, c'est un poste de direction de tir, sept casemates et un abri pour le personnel.
Un paysage torturé, ravagé, creusé de cratères de bombes, encore très visibles (mais la lumière était de celles que ce rogntûdjû d'apn digère mal, ce matin-là, donc, pour les cratères, ça sera pour une autre fois).
Le poste de direction de tir...
Parfaitement accessible (et pas trop tagué), comme le reste du site d'ailleurs. Je ne sais pas qui de la municipalité ou du Conservatoire du Littoral s'occupe de la préservation du site, mais... chapeau. Beau boulot.
Au fait... demain, paraît qu'il va faire beau. Si j'y retournais ?
à suivre...