Les Roches
Publié le 21 Mars 2012
Comme promis il y a... sept mois, un coup d'oeil à l'une des plus chouettes villas de Pontaillac, côté sud. La voisine de Cordouan.
Toute aussi blanche, tout aussi sobre (par son plan, du moins) que Cordouan, et tout aussi imposante, voici donc, vue depuis l'autre côté du Square la Trémoille, l'élégante villa Les Roches.
L'histoire commence de façon... agitée. Un limonadier de Saint-Yrieix achète la parcelle et y fait élever une villa — somptueuse, à ce qu'il paraît. Las, en 1888, la villa est ravagée par un incendie... bienvenu, en un sens, puisque le limonadier avait quelques soucis avec l'entrepreneur Auguste Rateau qui, n'ayant pas été payé, l'avait poursuivi en justice et avait obtenu sa condamnation.
Auguste Rateau contrattaque illico et obtient la saisie du terrain et des ruines de la villa, qui sont adjugées l'année suivante à son mandataire, Louis Sauvat. Et l'entrepreneur de reconstruire derechef une villa, nommée Surprise (c'est de l'humour d'entrepreneur), qu'il met en vente.
Surprise est achetée par (je prends mon souffle) Marie-Alphonse-Charles-Emmanuel Tier de Bart Brusley (ça, c'est du nom à rallonge !), qui l'ajoute à sa modeste collection de propriétés — un domaine dans le Tarn, un autre dans le Tarn-et-Garonne et, tant qu'à faire, le château du Taillan, près de Montguyon.
Marie-Alphonse rebaptise sa villa Les Roches. Oh, c'est une petite villa sans prétention. Un sous-sol avec cuisine, office, chai, trois chambres de domestiques et un cabinet d'aisance. Un rez-de-chaussée comprenant (entre autres) un vestibule, un salon, une salle à manger, une chambre et un office avec monte-plats.
Au premier étage, quatre chambres, trois cabinets de toilette et un cabinet d'aisance. Et au second, trois chambres et quelques cabinets de toilette.
Les Roches ont pas mal changé, au fil des années. Essentiellement au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Disparu, le toit à quatre versants. Rehaussé, le second étage, jusqu'à atteindre la même hauteur que la tour. Et des statuettes sont venues ponctuer les balustres des balcons et du toit terrasse...
Disparus aussi, les pans de murs de brique rouge. Les Roches, comme sa voisine Cordouan, c'est du blanc. Rien que du blanc.
Tiens, par contre, je n'ai pas une seule photo du mur de soutènement, côté plage, auquel des mâchicoulis donnent un petit air de forteresse médiévale. Enfin si, j'en ai une...
Et puisqu'on est dans le reflet...
Décidément, même la tête en bas, Les Roches sont diablement photogéniques !