Sous les Palmiers... la mairie
Publié le 12 Août 2011
Mine de rien, nous avons parcouru la moitié du boulevard de Pontaillac. En passant devant Sans-Souci, que vous ne verrez pas parce qu'une maison toute grise, quand le soleil n'est pas du bon côté, ça fait des photos toutes moches (avec un ciel tout blanc, en plus).
Heureusement, Les Palmiers étaient bien éclairés, eux. Un peu trop, même (saleté de grand angle qui déforme tout mais, pour faire rentrer cette grande bâtisse dans l'appareil, j'ai bien été obligée de).
Sainte-Anne, puisque c'est ainsi qu'elle s'appelait à l'origine, fut construite entre 1879 et 1887 pour (je prends mon souffle) Marie-Michel-Benoît-Auguste Cadoret de Beaupreau. Et Sainte-Anne ne ressemblait pas du tout aux Palmiers d'aujourd'hui. Elle était toute rectangulaire, avec une toiture à l'italienne (autrement dit, à pente douce). Mais, en 1887, Marie-Alphonsine de Blom, l'épouse de Marie-Michel Etc., décède. Sainte-Anne est mise en vente, et achetée par un certain Jean-Louis Sarlin, un riche Parisien, qui la rebaptise illico Les Palmiers et entame les transformations.
La façade côté mer (que je n'ai pas prise en photo, tiens, encore un oubli à réparer !) est abattue et recomposée. Voilà Sainte-Anne affublée de deux ailes, après allongement de ses discrets avants-corps latéraux. Et tant qu'il y est, le Sieur Sarlin agrandit la villa (bah oui, elle était si petite !). Un corps de bâtiment en plus, une rotonde dans laquelle il installe son bureau... et le tout se retrouve coiffé de combles à la française recouverts d'ardoises. Pour parachever son oeuvre, il fait même graver ses initiales un peu partout. Vous avez dit folie des grandeurs ?
En 1915, après la mort du Sieur Sarlin (qui était, depuis 1902, président du Conseil d'administration de la Société des Tramways de Royan), la villa revient à son fils Robert-Louis. Qui préfère Fontainebleau et, donc, met la villa en vente, juste avant la Seconde Guerre Mondiale. Paul Métadier, le maire de l'époque, envisage de l'acheter pour y installer un collège de jeunes filles. Après une rude bataille contre le directeur de l'enregistrement et une société de contribuables (qui trouvent la villa un chouïa trop chère), Les Palmiers devient propriété de la ville de Royan, en... septembre 1939. Autant dire que la transformation prévue doit attendre...
Les Palmiers est, bien sûr, endommagée par les bombardements. Plus de toiture à la française. Mais, après la guerre, le vieux projet de Paul Métadier est repris. René Baraton, Jean Bauhain et Marc Hébrard se chargent de la restauration de la villa — qui gagne un niveau supplémentaire. Dès que l'édifice est habitable, les services de la mairie s'y installent, en attendant la construction d'une belle mairie toute neuve, en plein centre ville (plus précisément, sur la Place de la Libération, aujourd'hui Place du Général de Gaulle). Mais la belle mairie toute neuve ne verra jamais le jour... et c'est ainsi que Royan se retrouve aujourd'hui avec une belle mairie toute vieille et située pile poil entre son « vrai » centre et le quartier de Pontaillac...
à suivre...