Un visiteur sur l'estuaire... (suite et fin)
Publié le 17 Juillet 2011
C'est à l'Île de Wright que le Belem trouve refuge, aux premiers jours de la Seconde Guerre Mondiale. Il y sert de base à une unité des Forces Navales Françaises Libres. Comme en 1902, il échappe miraculeusement à la destruction, mais son gréement subit d'importantes avaries.
En 1952, racheté par la Fondation Cini, il appareille pour Venise. Il devient navire-école, et son gréement est transformé pour devenir celui d'un trois-mâts goélette, plus facile à manœuvrer. Mais le Belem a souffert du manque d'entretien pendant les années de guerre. En 1972, il est racheté par les carabiniers pour une lire symbolique, remotorisé... et jugé trop vétuste pour être utilisé comme navire-école. Sommairement retapé, le Belem est cédé (toujours pour une lire symbolique) aux chantiers navals de Venise, qui lui rendent son gréement d'origine et le proposent à la vente en 1976.
Retrouvé par hasard par un passionné de vieux gréements, le Docteur Gosse, le Belem est racheté par la Caisse d'Épargne. En septembre 1979, il arrive à Brest, remorqué par un bâtiment de la Marine Nationale, L'Éléphant. L'année suivante, il devient propriété de la Fondation Belem, et est amarré sur les quais de Seine, à deux pas de la Tour Eiffel. C'est là qu'il sera restauré en grande partie. En 1984, donc, il est classé au titre des Monuments Historiques. Deux ans plus tard, il a retrouvé sa splendeur d'antan. Sa traversée inaugurale le mène jusqu'à New-York, à l'occasion du centenaire de la Statue de la Liberté.
Et aujourd'hui ? Eh bien... le Belem, fort de son équipage de seize hommes, navigue sans relâche. Rassemblements de grands voiliers, célébrations aux quatre coins du monde (en 2008, il était à Québec, pour célébrer le quatre-centième anniversaire de la fondation de la ville)... mais aussi, depuis 2005, transport de vins et de spiritueux, et, depuis 2009, entraînement des jeunes recrues de l'École des Mousses de Brest...
Et le Belem trouve encore moyen d'accueillir des stagiaires à son bord. Jusqu'à quarante-huit, répartis en quatre groupes.
Le 15 juillet, au matin, le Belem a repris sa route. Destination : Vigo, en Espagne. L'occasion pour les quelques lève-tôt qui s'étaient postés aux abords de Foncillon d'assister à un spectacle rare...
Pour aller plus loin, le site officiel de la Fondation Belem :
http://www.fondationbelem.com/